Comment reconnaître une belle chemise d’homme ?
Temps de lecture : 3 minutes
Aujourd'hui l'homme ne peut se passer de la chemise. Plus élégante et polyvalente que le tee-shirt, elle peut être portée de manière très sérieuse mais également très décontractée: en fonction de son tissu, de sa tenue et de la façon dont on la boutonne ou dont on retrousse ses manches. Quelle que soit l'occasion, elle met son homme en valeur. Il faut cependant bien la choisir, car une chemise trop grande, mal coupée ou de mauvaise qualité dessert, aussi bien en terme d'allure que de tenue dans le temps. A l'inverse, une chemise de qualité fait toute la différence et se remarque.
Quelles sont les caractéristiques d’une belle chemise ? Selon quels critères la choisir ? Nous vous donnons toutes les pistes dans cet article.
Les caractéristiques d’une belle chemise
On compte huit critères qui feront toute la différence.
1. Le tissu
C’est le premier critère auquel on apporte son attention. La qualité du tissu est essentielle pour une belle chemise homme, autant pour l’esthétique que pour le confort tout au long de la journée. Exit les matières synthétiques, on se concentre uniquement sur les matières naturelles comme le coton, le lin, la flanelle.
Pour tester la qualité de l’étoffe, on prend en compte deux notions : la qualité du fil utilisé pour le tissage et l’épaisseur du tissu.
La qualité du fil ou le titrage
Le titrage correspond à la finesse du fil. Il est inversement proportionnel : plus il est élevé et plus le fil sera fin. On classe les fils de 80 à 200 pour les plus fins. Un fil très fin donne un tissu doux mais fragile et difficile en entretien. L’idéal est de choisir un titrage autour de 100. Au-delà de 140, le tissu devient trop fin, trop délicat et froissable. A l’inverse, un titrage bas n’est pas toujours synonyme de mauvaise qualité, ce sont des fils plus grossiers utilisés pour des chemises casuals en oxford ou en flanelle par exemple.
L’épaisseur du tissu
Pour une chemise en coton, on choisit un tissage à double retors : les fibres de coton sont tissées entre elles pour donner un long fil, qui est lui-même tissé avec un autre fil identique. On parle du fil de chaîne et du fil de trame. On obtient un tissu de qualité, résistant, aux couleurs stables dans le temps et plus doux au toucher.
S’il est indiqué 100 /2 sur le tissu, cela signifie que le titrage est de 100 et que le fil est en double retors.
Enfin il existe différents types de tissages d’une même plante (coton, lin…) qui permettent d’obtenir des matières plus ou moins légères, qu’on ne portera pas pour les mêmes occasions.
- la popeline : il s’agit du tissu le plus utilisé pour les chemises homme. La popeline est tissée avec un fil de chaîne plus fin que le fil de trame. Légère, lisse et souple, et très agréable à porter, la popeline s’adapte parfaitement aux chemises formelles. Elle est tissée à partir de coton, parfois de laine ou de soie. Elle est également très appréciée pour sa facilité d’entretien et sa qualité.


- Le fil à fil : le fil à fil est proche de la popeline, la différence réside dans le fil de trame dont la couleur diffère à celui du fil de chaîne, ce qui lui donne du relief. Les chemises en fil à fil sont beaucoup utilisées dans le cadre du travail également.


- Le twill est un tissu résistant, doux au toucher et avec une certaine tenue. Il est peu froissable et facile à repasser. Son tissage consiste à décaler le fil de trame et le fil de chaîne. On obtient une armure qui laisse apparaître des lignes diagonales. C’est une chemise parfaite pour une soirée habillée, et également très appréciée en hiver pour sa robustesse.


- Le chevron : c’est un tissu proche du twill. Il se différencie par ses diagonales alternées qui apportent beaucoup d’élégance au tissu. On le porte principalement dans le cadre d’une soirée habillée.

- L’oxford : l’oxford est un tissu épais et robuste, avec une armure nattée dérivée de la toile. Sa texture en damier quadrillé est issue d’un tissage à partir de deux fils de chaîne de couleur et deux fils de trame blancs. Au toucher c’est un tissu non lisse qui possède un grain particulier. Les chemises en oxford sont des chemises décontractées, très confortables à porter, que l’on réserve aux soirs et week-ends.
- Le denim : la solidité du denim provient de son tissage très serré. C’est une chemise décontractée que l’on peut également porter avec une cravate et une veste, et en toute saison. La chemise en denim se patine avec le temps.


- Le chambray est une toile légère et texturée, tissée avec un fil de chaîne indigo et un fil de trame blanc ou écru. Plus légère que le denim, on porte le chambray en été, de façon décontractée. Ou en automne en superposition avec un tee-shirt, un cardigan et une veste.


- La flanelle : pour obtenir un tissu en flanelle, on gratte l’étoffe entre deux rouleaux avec des picots qui tournent en sens inverse. Le tissu s’effiloche, ce qui permet d’obtenir la douceur et l’aspect duveteux recherchés. C’est une chemise que l’on porte de façon détendue le week-end, et en hiver.


Après avoir soigneusement choisi le tissu, on s’intéresse au col de la chemise.
2. Le col
Le col signe la chemise et lui donne toute son élégance. Il doit être impeccable et rigide pour une chemise formelle. Un col mou est à proscrire au bureau ou dans une soirée mondaine.
Pour une chemise casual, le col peut ne pas être aussi rigide que pour une chemise formelle, néanmoins il faut veiller à ce qu’il ait de la tenue et qu’il soit suffisamment épais.
Il existe plusieurs types de cols.
- Le col italien : c’est un col très ouvert, qui se porte avec des nœuds de cravate épais. Très moderne, on l’associe facilement avec un costume. Il convient à toutes les morphologies en dehors des hommes qui ont un fort tour de cou.

- Le col français : c’est un col classique sans prise de risque. Il possède une ouverture légère. On le porte avec une cravate mince, il s’adapte à toutes les situations, au bureau comme dans des soirées mondaines, mais également sur des chemises plus casual. Il s’accorde à tous les visages, et en particulier aux visages ronds et aux petits cous.

- Le col anglais : il est fermé sur le devant par une patte de boutonnage qui lui donne un style très formel. Son ouverture est légère. Sa patte de boutonnage permet de mettre en valeur le nœud de cravate, qui sera plutôt fine. On ne peut donc porter cette chemise sans cravate. C’est un col qui allonge le visage.

- Le col américain : il se reconnaît pas les petits boutons qui attachent les pointes du col à la chemise. Il se porte de façon décontractée, souvent avec des chemises oxford ou en flanelle. Il a été créé pour les joueurs de polo afin d’éviter que le col ne les gêne au galop. On peut aussi le porter avec une cravate pour un style élégant et détendu.

- Le col club : c’est un col arrondi, très élégant, souvent blanc sur une chemise de couleur. On lui assortit une cravate pour un style distingué.

- Le col cassé : le col cassé est synonyme d’élégance, il se porte lors de grands évènements, avec un nœud papillon ou une lavallière et un smoking.

- Le col officier : c’est un col sans rabats, qui se ferme par un bouton. Très moderne et plutôt décontracté, on le voit souvent sur des chemises en lin. Il est issu des vestes des officiers de l’armée. Il ne permet pas le port d’une cravate ou d’un nœud papillon

- Le col mao : il ressemble au col officier mais sans bouton. On le porte l’été sur des chemises en lin, il peut être décontracté comme plus formel selon la tenue associée. Il se prête parfaitement à un cocktail d’été.

Voir notre article Les différents cols de chemise: comment les porter? pour quelle forme de visage?
Quel que soit le col choisit, il doit mettre en valeur le port de tête.
Le col de la chemise, quel qu’il soit, se doit donc d’être rigide. On peut utiliser des baleines pour permettre au col de se tenir droit et faire en sorte que les pointes restent en place. On préfère les baleines amovibles aux baleines cousues dans le col, qui risqueraient de le déchirer lors des lavages successifs. Par ailleurs les baleines amovibles peuvent être changées si elles perdent de leur rigidité. Les baleines existent sous différents formats : en plastique, en corne, en métal, en bois. On privilégie les baleines en matière naturelle, durables dans le temps.

Enfin on choisit un col cousu et non thermocollé. Le thermocollage consiste à appliquer une couche de colle entre les différentes épaisseurs du col, pour une production plus rapide et à moindre coût. Malheureusement les cols thermocollés s’abîment plus vite. Avec les lavages, on voit apparaître une série de « cloques » sur le tissu qui indiquent que le collage se détériore. Pour savoir si le col est thermocollé ou pas, on fait glisser le tissu du col entre ses doigts. Si celui-ci ne bouge pas, il est très probablement thermocollé. En revanche si l’on sent plusieurs couches de tissu bouger, cela veut dire que c’est un col cousu. C’est-à-dire que les trois parties sont cousues ensemble.
Aujourd’hui le thermocollage est de très bonne qualité. Si l’on connaît une marque qui le pratique mais dont les chemises ne bougent pas, on peut tout à fait s’y fier.
Après le col, l’emmanchure, pour s’assurer un confort tout au long de la journée.
3. L’emmanchure
L’emmanchure correspond à la couture de la manche au corps de la chemise. Elle permet un confort tout au long de la journée et assure une certaine esthétique. L’emmanchure doit être suffisamment proche du corps mais permettre également de se mouvoir, de profiter d’une certaine aisance. Une emmanchure trop serrée empêche de bouger, et une emmanchure trop large n’aura aucun style. Pour s’assurer que l’emmanchure est la bonne, on choisit une chemise dont la couture entre la manche et le corps tombe pile au niveau de la cassure naturelle de l’épaule.
Cette couture doit être la plus discrète possible. L’idéal pour cela est de choisir une chemise avec une couture anglaise : elle possède un bourrelet à l’envers de la chemise et une couture d’un seul fil sur l’endroit. On évite la double surpiqûre qui correspond à une couture plate à deux fils, moins élégante.
4. L’alignement des motifs
Pour les chemises à rayures, à carreaux ou possédant une trame visible, on vérifie si au niveau de l’épaule ces motifs s’enchaînent parfaitement avec ceux de la manche.

5. La manchette ou le poignet
De même que le col, les poignets de chemise doivent être rigides et se tenir. Les boutons doivent être bien positionnés, les coutures régulières et discrètes. L’objectif est d’obtenir un bel arrondi autour du poignet.
On identifie trois types de manchettes :
- La manchette simple : un ou deux boutons, coins arrondis, carrés ou cassés
- La manchette rabattue ou mousquetaire : se ferme avec des boutons de manchette
- La manchette napolitaine : une manchette simple avec des pans rabattus

La longueur des manches est également très importante, les manches ne doivent pas être trop courtes, ni trop longues. On considère que la longueur est idéale lorsqu’elles dépassent légèrement de la manche d’un costume sur 1 à 2 cm, et ceci lorsque l’on a le bras le long du corps. En aucun cas la manche ne doit couvrir la main.

On choisit une manchette discrète : simple à un ou deux boutons ou mousquetaire pour les grandes occasions. On vérifie également qu’elles ne soient pas thermocollées pour éviter les cloques qui apparaissent après plusieurs lavages.
Enfin exit la doublure de manchette de couleur fantaisie, celle-ci doit absolument être dans le même tissu que la chemise sous peine de faute de goût flagrant.
6. Les boutons
Ceux-ci ainsi que la patte de boutonnage, doivent être de qualité et ne pas s’effilocher pour durer avec la chemise, surtout qu’ils sont très sollicités avec les boutonnages et déboutonnages successifs.
Il existe trois types de pattes de boutonnage :
- Américaine
- Cachée
- Simple
La patte de boutonnage américaine

La patte de boutonnage cachée

La patte de boutonnage simple

On évite la patte de boutonnage cachée, peu esthétique ni élégante, à moins qu'elle ne soit portée sur une chemise décontractée avec un col mao.
Pour une chemise élégante, on choisit une patte de boutonnage simple, qui sera cachée par la cravate. Pour une chemise décontractée, on opte soit pour une patte de boutonnage simple soit pour une patte de boutonnage américaine qui apporte un certain style à la chemise.
Quant aux boutons, on les choisit en nacre mais suffisamment épais pour qu’ils durent, ou en plastique à défaut. Les boutons en nacre nécessitent que la chemise soit nettoyée à sec. Plus ils sont épais et plus le reflet est blanchâtre, plus la nacre sera haut de gamme. On trouve également des boutons en plastique de très bonne qualité et plus accessibles.
Pour les chemises casual, on peut opter pour des boutons en bois ou en corne.
Boutons en nacre blanche

Enfin il existe différentes façons de coudre des boutons : en parallèle, en croix ou en patte de poule. Les deux premières sont faciles à réaliser avec une machine, contrairement à la troisième. En revanche les boutons cousus en croix ou en patte de poule sont plus solides. L’important est que la couture soit bien épaisse et que le bouton soit bien stable.
a) en parallèle
b) en croix
c) en patte de poule

7. La coupe
La coupe est également très importante car elle détermine l’allure générale de la chemise.
Il existe trois types de coupes. La coupe cintrée, la coupe ajustée et la coupe droite.
La coupe cintrée
La coupe cintrée sculpte le corps de façon à mettre en valeur les épaules et une taille mince, dans l’idée d’un V. On ne peut s’autoriser cette coupe que si l’on est très athlétique. A défaut, c’est une coupe qui dessert le propriétaire de la chemise. Il faut faire attention à ne pas être moulé dans cette chemise, rien de moins élégant que des boutons qui peinent à rester en place.
La coupe ajustée
Cette coupe offre plus de confort mais reste proche du corps. Elle valorise la silhouette et la carrure tout en permettant plus de mouvement. Elle est à privilégier car elle met en valeur son propriétaire quelque soit son embonpoint. En particulier pour des chemises formelles. Elle est plus confortable que la coupe cintrée et plus élégante que la coupe droite. En revanche si des plis se forment au niveau des boutons, elle est probablement trop petite, on s’oriente alors sur la taille du dessus ou à défaut sur une coupe droite.
La coupe droite
Elle donne encore plus d’aisance et n’est pas serrée au niveau de la taille, ce qui donne un certain flottement. On la porte de façon décontractée le week-end ou après le travail. Elle a été très à la mode dans les années 80 et 90.
8. Les détails
La poche
Les chemises habillées ne portent pas de poches. A l’inverse, les chemises décontractées peuvent en porter une. On distingue plusieurs types de poches : la poche classique, la poche à pans ronds, la poche à pans coupés, la poche diamant et la poche à rabat.
La patte capucin
La patte capucin est une pièce de tissu boutonnée située sur l’avant-bras de la manche jusqu’à la manchette. Elle permet d’ouvrir la manche plus facilement. On la trouve essentiellement sur des chemises casual.

L’hirondelle de renfort
L’hirondelle de renfort est une petite pièce de tissu discrète placée en bas des pans de la chemise, elle apporte de la résistance à la chemise en protégeant la jointure des pans et en évitant toute déchirure de la chemise.

Le tour de col
Pour s’assurer que le col est à la bonne taille, on doit pouvoir passer un doigt entre le col et le cou, une fois le col fermé.
Les coutures
Les coutures doivent être précises, nettes et régulières, et les points fins, discrets et rapprochés. Les coutures accompagnent les courbes de la chemise et doivent former de jolis arrondis.
L’idéal est d’avoir 5 à 6 points par cm, voire 7 points pour une chemise de qualité qui tiendra dans le temps.
La longueur
Pour une chemise formelle, la longueur doit être importante afin de pouvoir la rentrer dans le pantalon sans qu’elle ne rebique. En revanche pour une chemise décontractée, la longueur est plus courte car on la porte sortie du pantalon : elle doit arriver juste en dessous de la ceinture.
L’étiquette
Elle doit être douce et surtout ne pas gratter ! On peut vérifier que sa couture soit bien lisse.
Voici un petit récapitulatif à garder sur soi pour ne pas se tromper le jour où l’on choisit une nouvelle chemise :
- Le col : on doit pouvoir passer un doigt entre le cou et le col une fois le col fermé
- Les manches : elles doivent arriver environ à deux cm au-dessus de la base du pouce
- Les épaules : les coutures doivent être situées à la cassure de l’épaule
- La coupe : on doit pouvoir se mouvoir sans être gêné, s’asseoir sans être serré et sans tension au niveau des boutons, tout en ayant une chemise ajustée
- La longueur : importante pour une chemise formelle, juste en-dessous de la ceinture pour une chemise casual
Comment choisir LA chemise idéale ?
En savoir plus
Publié le : 26/02/2020 12:12:47Col Mao et col Officier, les différences
En savoir plus
Publié le : 17/02/2020 18:27:55Comment connaître votre morphologie ?
En savoir plus
Publié le : 02/10/2019 11:59:59Le coton : retour aux sources
En savoir plus
Publié le : 13/03/2020 17:23:15Les baleines de col de chemise : quand les porter?
En savoir plus
Publié le : 19/04/2021 10:36:23Les différents types de tissus de chemise
En savoir plus
Publié le : 18/02/2020 11:14:44Les différents cols de chemise: comment les porter? pour quelle forme de visage?
En savoir plus
Publié le : 31/05/2021 14:53:17Comment choisir sa chemise pour un entretien d’embauche ?
En savoir plus
Publié le : 04/03/2020 16:41:16





